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Faire (r)entrer les Français au musée
A découvrir - 14/06/2013

L'évocation du mot "musée" représente encore un obstacle pour beaucoup. "Ce mot fait parfois peur. Les gens ont l'impression que ce n'est pas pour eux". C'est Christian Binet, le papa de la BD des Bidochon, qui nous l'explique, alors qu'il s'apprête à participer à une belle initiative ce week-end, en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Lyon et le LyonBD Festival.

L’objectif affiché de cette expérience, ludique et originale, est d’inciter tous les publics à venir au musée, et de démocratiser l’accès à toutes les formes d’art. "Mon intervention ici au Musée des Beaux-Arts de Lyon, poursuit Christian Binet, sera l'occasion de les pousser à venir. Il ne devrait pas y avoir de frontières entre les arts. Le public devrait aller au concert et au musée avec la même aisance".

Les Bidochon se poussent du coude devant Picasso

Au travers d’une dizaine de planches originales inspirées par les coups de cœur du dessinateur, les visiteurs vont ainsi découvrir les commentaires de Raymonde et Robert Bidochon devant Véronèse, Géricault, Manet, Degas, Picasso ou Bacon. L’auteur a en effet imaginé, croqué et affiché les réactions de ses personnages devant ces œuvres, ce qui risque de ne pas être triste…

 

"On le sait par expérience, beaucoup de gens hésitent encore à visiter le musée, car ils en ont une vision très XIXe siècle" poursuit Pierre Lacôte, médiateur conférencier: "en travaillant avec d'autres disciplines, nous voulons élargir les regards et aller en direction de différents publics."

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre

Le défi est double, car il est à la croisée de deux notions en pleine transformation: il faut en effet renouveler l’image du musée (parfois perçu comme un lieu un peu "poussiéreux" et inaccessible), et le vouloir plus accessible, alors que la définition même de patrimoine est en pleine mutation (les notions de centres d’interprétation et de patrimoine immatériel élargissent en effet considérablement les objectifs que l’on peut se donner en matière de culture pour tous).

A ce jeu-là, les propositions se doivent donc d’être à la fois séduisantes et innovantes, pour attirer celles et ceux qui n’y ont pas leurs habitudes.

Toutes les hybridations doivent être rendues possibles

On pourra, à ce titre, en profiter pour souligner d’autres initiatives qui ont également retenu notre attention, permettant d’étancher notre soif de culture. Citons par exemple, la Galerie des Dons initiée par La Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, rendant les spectateurs acteurs de leur musée, ou encore cette inédite histoire du poilu de 14 sur Facebook qui a rencontré un beau succès en début d’année.

En parallèle, des initiatives comme MuséoMix (ayant pour but de proposer de nouvelles façons d’approcher les expositions), Un Soir, Un Verre, Un Musée (se proposant d’initier des rencontres entre amateurs d’art), ou encore Who Art You (une application mobile permettant de construire son propre musée virtuel) sont d’ores et déjà opérationnelles, montrant ainsi que le 2.0 a son rôle à jouer, et qu’il est aujourd’hui possible d’imaginer un dialogue nouveau entre le musée, son sujet et ses visiteurs, devenus acteurs.

Crédit Photo: @SDegroisse, Lyon, musée des Beaux-Arts
Crédit Photo: @SDegroisse, Lyon, musée des Beaux-Arts. 

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