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Portrait de pro: Stéphanie LECLERE, décoratrice d'intérieur
Tendances métiers - 07/09/2015

Nous donnons aujourd'hui la parole à Stéphanie LECLERE pour qu'elle puisse partager avec vous son point de vue sur son propre parcours professionnel et aussi plus largement sur la filière de la décoration d'intérieur. Professeur-­correctrice pour notre école, Stéphanie est également une professionnelle en activité qui a fondé sa propre société: D'COquetteries.

Notre série “Portraits de pros” a pour objectif de donner la parole à des créateurs professionnels en activité, afin qu’ils puissent nous parler de leurs parcours, de leur vision du domaine, et aussi pour partager quelques conseils avisés afin d’envisager une insertion professionnelle dans les meilleures conditions.

Comment est née votre envie de déco?
Je crois qu’il s’agit d’une véritable vocation depuis que je suis toute petite. Ma mère m’a toujours beaucoup stimulée au niveau de la créativité et nous avons passé beaucoup de temps ensemble autour des arts plastiques ou du stylisme.
Avant le bac, j’ai eu bien sûr des envies d’écoles prestigieuses, mais nous n’en n’avions malheureusement pas les moyens.
Je me rappelle aussi de mes premiers appartements étudiants, qui ont été mes premiers laboratoires en termes de déco. Ce sont de superbes souvenirs, tant les expérimentations y auront été nombreuses et débridées.

Quel a été votre parcours pour que cette envie se transforme en activité professionnelle?
Après une formation initiale en arts, j’ai commencé à travailler dans l’animation socio­culturelle et scientifique. Cette première expérience professionnelle aura été une excellente école, car on apprend à y faire énormément de choses très différentes les unes des autres, avec beaucoup d’autonomie et de débrouille.
Mais mon envie de déco a été plus forte, et j’ai décidé de reprendre la main sur la direction que je souhaitais donner à ma vie professionnelle: j’ai donc mis tout en œuvre pour y arriver et faire de ma passion mon métier.
Avec un peu de recul, je me dis qu’il y aura eu tout de même un laps de temps assez long entre ma reprise d’études et le moment où j’ai véritablement commencé à gagner ma vie dans cette nouvelle activité. Je pense donc qu’une reconversion professionnelle s’inscrit dans la longueur: il s’agit d’un projet progressif, qui ne se fait pas en un claquement de doigt et qui exige de l’endurance. Il faut aussi prévoir une petite pincée d’inconscience, et ne pas trop réfléchir aux difficultés que cela peut représenter mais bien aux chances de réussite que l’on se donne. Sinon, on ne le ferait pas!
Entre mon ancien métier et le nouveau, je suis aussi passée par la case “bilan de compétences”. C’est un très bon dispositif de formation individuelle, qui permet d’être accompagnée par un professionnel. Cet œil extérieur (et donc objectif) aide à rationaliser tout ce qui peut l’être dans un projet comme celui-là. On établit ainsi à deux une feuille de route entre une envie de départ et un métier de destination. Je me rends compte aujourd’hui que ça aura été très aidant d’être conseillée dans cette démarche, car c’est une opération somme toute assez complexe, pour laquelle il ne faut rien laisser au hasard (on y parle finances, débouchés, organisation générale, mais aussi mille questions comme celle du soutien de ses proches pour un tel projet, les qualités personnelles qu’il va falloir mobiliser, etc.). Cette étape m’a permis d’y voir beaucoup plus clair et surtout de gagner en sérénité.
Je me suis donc organisée pour suivre une formation intensive d’un an à temps plein (ce qui aura été épuisant mais passionnant) et j’ai ensuite directement créer ma propre entreprise, toujours en étant accompagnée, mais cette fois-ci par des dispositifs de soutien à la création d’entreprise.
Toutes ces étapes s’avèrent particulièrement riches, car on s’y construit non seulement en tant que professionnelle mais aussi en tant que personne.
De mon point de vue, l’une des clés, c’est de savoir s’entourer. Tout le monde a en effet son avis sur le fait de monter une boîte, mais en réalité peu de personnes sont réellement qualifiées pour le faire. Pour cela, il ne faut pas hésiter à les solliciter: chambre de commerce, dispositifs d’accompagnement régionaux, formation à la création d’entreprise, pépinière d’entreprise sont autant de relais qui permettent de bénéficier d’une écoute bienveillante, de croiser les informations cruciales et de maximiser ses chances de réussir grâce à l’appui de ces réseaux.
S’il y a une chose que je retiens, c’est que tout ce cheminement est long et difficile, qu’il faut s’entraîner à être solide, mais aussi que l’on y apprend beaucoup sur soi. Au final, ce qui est rassurant, c’est que ça fait un bien fou car on y dessine son propre avenir “sur-mesure”!

Comment vos clients prennent-ils connaissance de votre offre de services?
Nous parlions justement de réseaux. Voilà maintenant près de trois ans que mon entreprise est ouverte. Et avec l’expérience, je me rends compte que ces réseaux représentent des leviers qu’il ne faut surtout pas manquer d’actionner. Amicaux ou professionnels, il faut en effet apprendre à les mettre à profit car ils permettent de démultiplier ses actions; alors que dans le même temps, en tant qu’entrepreneur, c’est ce dont on manque le plus.
Un seul exemple: je suis amie avec une artiste peintre. Quand les chantiers sur lesquels je travaille s’y prêtent, je ne manque pas d’incorporer une ou deux toiles dans les recommandations que je peux faire auprès de mes clients. Il s’avère que de son côté, elle m’a ouvert son carnet d’adresses et a ainsi pu m’alerter sur un appel d’offres en décoration émis par un important acteur de l’assurance en France. C’est tout simple, mais en parlant boulot avec des amis, on trouve parfois des pistes plus qu’intéressantes pour faire fructifier ses affaires.
Je pense aussi à des mises en place qui font appel au bon sens, comme le fait de rendre visible son travail. Avec de bonnes photos (c’est-à-dire réalisées par un professionnel), on peut obtenir des supports de communication mettant au mieux son travail en valeur.
Pour moi, c’est essentiel: la décoration est un métier créatif, il faut donc documenter très précisément ce que l’on fait pour être en mesure d’en faire un écho favorable, dans le sens où il doit donner envie de rencontrer l’intervenante professionnelle que je suis.
Je pense aussi à la priorité que l’on peut parfois donner au placement de prestations à tarifs préférentiels dans des lieux où il y a de forts passages de clientèle: ce type de deal peut être une excellente opportunité pour gagner en visibilité pour un budget raisonnable.

Quelles sont les qualités personnelles, professionnelles et techniques qui vous semblent indispensables pour travailler dans le domaine de la décoration?
Pour moi, c’est moitié technique, moitié psychologie. Je m’explique. Le travail de décorateur ou de décoratrice s’inscrit dans un environnement qui est très particulier, puisqu’on intervient souvent chez des particuliers. On s’approche donc au plus près de leur intimité et on entre dans leur quotidien: il faut donc marcher sur des œufs, et faire preuve de beaucoup de tact et de discrétion.
Tout est possible, et il faut savoir accueillir différentes manières de vivre en s’interdisant de juger! Et dans ce contexte, il faut être force de proposition, et parfois convaincre ses commanditaires de ce qui sera le mieux pour eux, tout en sachant qu’on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux!
Ce sont l’écoute et l’adaptation qui sont indispensables pour que le dialogue s’installe, que le cahier des charges soit bien défini ensemble au départ, pour ainsi garantir la meilleure collaboration possible.
On lève aussi beaucoup de difficultés en expliquant là où l’intervention de déco commence et là où elle s’arrête, en détaillant ce que l’on va faire exactement, en expliquant comment les travaux vont se dérouler, car souvent rien ne se passe exactement comme prévu sur un chantier.
Une des clés réside ainsi sur la disponibilité, pour assurer les ajustements qui ne manquent jamais. Quand on est dans la déco, il faut savoir être prise à contre­pied et s’adapter à beaucoup de situations.

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui seraient intéressés pour se lancer dans cette activité?
Avant tout, je pense qu’il est indispensable de bien s’entourer avec des prestataires de confiance pour ce qui est de la réalisation des travaux.
La qualité du rendu final reste la meilleure carte de visites pour fidéliser ses clients, et pour aller à la conquête des prochains.
Pour ce qui est de créer son entreprise, et même si cela n’est pas facile à entendre quand on débute, il ne faut pas accepter tout et n’importe quoi en termes de commandes: c’est vrai pour la nature des missions qui vous seraient confiées (on ne peut pas savoir tout faire) et c’est vrai aussi pour les relations humaines (ça ne peut pas fonctionner avec tout le monde car la déco est une affaire de goût).
Il vaut mieux parfois (et gentiment) orienter vers des confrères, qui s’occuperont sans doute mieux de la commande que soi si on ne “sent pas” un client. Je le répète: la nature des liens que l’on tisse est primordiale, et mieux vaut ne pas s’engager dans une situation qui promet d’être délicate.
Une fois que l’on est bien au clair avec ce que l’on est susceptible de proposer, on peut faire confiance à son instinct (c’est d’ailleurs cette patte que la plupart des clients viennent chercher): c’est pour moi la base pour que les commandes fonctionnent bien. Il n’y a rien de simple en la matière et il faut donc être très attentive pour trouver le bon équilibre et pour que son intervention soit réussie.

Un projet de l'agence DCOquetteries - Photo © StudioMennesson

Vous pouvez retrouver le travail de Stéphanie au travers de son site internet www.dcoquetteries.com et de sa Page Facebook DCOquetteries.

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